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Entretien avec l'auteur du Disciple Question : Qu'avez-vous voulu exprimer dans votre livre au sujet de Toulouse ? Daniel Maleville : A l'endroit où naît un Homme, je crois qu'il est comme l'arbre sorti de terre le même jour que lui. Si, plus tard, cet Homme devient citoyen du monde et parcourt la planète, il gardera toujours au fond de lui ses racines, son origine. S'il se défend être attaché au sol qui l'a nourri, alors, il se ment à lui-même. On ne peut renier le point du monde qui vous a acceuilli à la naissance et vous a vu grandir. Q : Ne peut-on dire, en ces temps de mondialisation, qu'il y a un attachement à ses origines un peu trop exacerbé ? DM : Les pensées, les modes, les politiques passent. Regardons l'histoire. Ce qui reste c'est la pérennité d'un attachement naturel entre le sol nourricier et l'enfant. Si celui-ci y vit assez longtemps pour en ressentir tous les effets, alors, il les ressentira toute sa vie. S'il n'en a pu absorber l'essence alors, il sera un véritable citoyen du monde. Quel en est le mieux ? Ne pas être attaché par son origine et ainsi rester libre d'esprit, ou se souvenir de ses racines ? On est, bien sûr, libre de choisir car je crois que l'expérience de chacun ne peut s'appliquer à un autre, elle est individuelle. Il n'y a pas de mieux ou de moins bien, il y a des êtres différents qui font la diversité humaine. Q : Que représente alors la ville rose pour vous ? DM : C'est l'endroit de mon enfance, de ma jeunesse, de mes premiers amours, de mes premières découvertes de la vie et ainsi chaque pierre, chaque brique d'un site me rappelent de ce que fut ma vie et ce qu'elle peut devenir. Que ce soit Toulouse, Paris, la Bretagne ou la Provence, chaque place est imprégnée de l'âme de ceux qui y vivent. La matière n'est rien si elle n'est pétrie par l'esprit de l'Homme. C'est l'Homme qui le lui inssufle. Q : Si l'on considère votre livre, il y a tout de même peu de moments où l'action se situe dans le Toulouse que nous connaissons, beaucoup de faits se déroulent dans le passé. DM : Le passé, le présent, l'avenir, tout est lié. Ne vit-on pas avec son expérience passée les actions d'aujourd'hui pour mieux se projeter dans l'avenir ? Si une partie des événements se déroule en 1533 c'est pour mieux montrer que des faits anciens, s'ils ont été vécus intensément, sont d'une forte actualité pour celui qui expérimente la vie de tous les jours. Q : En ce sens, nous sommes condamnés à vivre avec notre passé. DM : Je dirais plutôt que ce passé nous donne bénéfice pour mieux vivre notre présent. Les expériences négatives, les ratés de notre vie, les manquements aux principes élémentaires du bien nous servent de supports et de garde-fous pour ne pas retomber dans l'erreur. Le bonheur, les joies, les amours passés ne sont là que pour nous faire mieux apprécier le présent et ce que nous pensons être notre devenir. Q : Qu'avez-vous voulu exprimer dans la partie ésotérique du livre ? DM : Une simple chose en vérité, un message de plus de 2000 ans : « Aimez-vous les uns les autres », il n'y a pas d'autre loi. Q : Difficilement réalisable. Et sinon ? DM : Il faut être le gardien de son frère, l'aider, le secourir, l'aimer autant que faire se peut, dans la limite de nos capacités que nous devons constamment chercher à élargir. Q : Mais celui qui faillit ? DM : Il ne faut pas juger car on ne le fait qu'en fonction de sa propre expérience, de sa propre connaissance des choses qui est toujours en deça de celle de quelqu'un d'autre. On ne juge qu'avec ses propres critères qui ne sont pas universels, sinon ça se saurait. Toulouse, le 17 février 2001.
« Je me revois toujours au 56 rue Pierre d'Aragon, partant le matin de bonne heure, mon cartable à la main pour l'école Frédéric Estèbe. En hiver, nous étions chauffés au feu de bois et, plus tard, avec le modernisme, au charbon. De grands préaux accueillaient nos jeux de billes, nos parties d'osselets et de colin-maillard que nous jouions en cachette car interdites par des instituteurs sévères. En été, il y avait dans notre jardin le grand tilleul qui donnait une ombre immence et dont on cueillait les fleurs afin de les faire sécher pour de futures tisanes. Blanchette revenait un oiseau tué dans sa gueule, au grand dam de ma mère qui la chassait hors de la maison, ne se doutant pas du cadeau qu'elle voulait lui faire et de cette marque d'affection qu'ont les animaux envers leur maître. Ma soeur étudiait, dans sa magnifique chambre jaune, des matières dont je ne pouvais saisir le sens : elle allait chez les grands au lycée. Ma prévenante maman me préparait le goûter et mon père n'allait pas tarder à revenir de ce travail dont je me demandais en quoi il pouvait bien consister. Alors que je jouais dans le jardin, il allait apparaître au coin de la maison, chapeau sur la tête, pipe à la bouche et sourire aux lèvres à mon intention. Je me revois me précipitant pour lui faire la bise ou, si j'étais trop absorbé par mon jeu, lui lancer un - Bonjour Pa'- . Mon copain Romi lui adressait un - Bonjour Monsieur Maleville - et continuait à jouer aux petits soldats avec moi. Tout à l'heure, il partira fâché, la mine boudeuse, parce que je l'aurai encore gagné. »
Au sujet du livre Le Disciple, nombre se sont demandés si les endroits décrits étaient réels. Certains lecteurs sont allés sur place pour vérifier la véracité des propos. A leur dédicace, voici deux localisations décrites dans le livre. D'autres peuvent se trouver dans ce site.
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