Les poèmes

 

    Les poèmes et chansons sur Toulouse sont innombrables. En voici quelques-uns. Mais à tout seigneur tout honneur :

O Toulouse

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se ranime
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes...

O mon païs
O Toulouse
O Toulouse 

Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poings
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne...

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant...

L'église Saint Sernin illumine le soir,
D'une fleur de corail que le soleil arrose,
C'est peut-être pour ça, malgré ton rouge et noir,
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose...

Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne,
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz,
Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne,
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?...

Voici le Capitole, j’y arrête mes pas,
Les ténors enrhumés tremblent sous leurs ventouses,
J’entends encore l’écho de la voix de papa,
C’était en ce temps là mon seul chanteur de blues...

Aujourd’hui, tes buildings grimpent haut,
A Blagnac, tes avions sont plus beaux...
Si l’un me ramène sur cette ville,
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles...
O mon pays, ô Toulouse, ô Toulouse...

O mon païs
O Toulouse
O Toulouse

Claude Nougaro

 

 

Eté

Petites rues, murs de briques roses
Derrière les persiennes closes
La chaleur de l'été ne pénétre pas.
Le soleil doucement guide mes pas
Vers l'ombre des quais de la Garonne.
Main dans l'eau, sur les bords où je vais me reposer,
La pierre des berges me servant de trône,
Je rêve doucement en contemplant l'eau couler
A ce paysage patiemment façonné
Par tous ceux qui nous ont précédés.
Daniel Maleville

 

Pescar


    Sul còp de miègjorn l'uèlh sus boucho,
    Le vin de fresc, le cuol sus l'èrba,
    Quina picada ! Quina tirada !
    Es un barbèl le macarèl
    As pas qu'un uèlh.
    Iram totis a Pinsaguèl
    Pescar la sòfia e le gardel.
Sul cop de michoun l'oeil sur boucho
Le bi de fresc, le tchoul sur l'herbo
Quello picado ! quelle tirado !
Es un barbel le macarel
As pas qu'un uèlh
Iran toutis a Pinsaguel
Pesca la siofa e lé gardey.
D'un endroit à l'autre la langue varie, on peut le voir dans l'exemple ci-dessus où le même poème s'écrit différemment. La traduction en est :
 

A midi, l'oeil sur le bouchon,
Le vin au frais, le cul sur l'herbe,
Quelle piquée ! Quelle bataille !
C'est un barbeau le « macarèl »,
Il n'a pas qu'un oeil.
Nous irons tous à Pinsaguel
Pêcher la « sofie » et le gardon.

Ce qui peut se traduire par : La pêche c'est la tranquillité, ce n'est pas devoir lutter contre de gros poissons.

 

Au centre de la place Wilson se dresse la statue du poète occitan du XVIIe siècle, Pierre Goudouli.

 

Toulouse

Toulouse, Toulouse,
Rose fleur d'été
Tu rendrais jalouse
Toutes les cités.
La folle Garonne
Coule en paix ce soir
Mire ta couronne
Dans son clair miroir.

 

 

    Voila la première strophe d'un chant que tous les toulousains connaissent, même s'ils n'en font pas la traduction correcte.

Se canta, que recante
Canta pas per ieu
Canta per ma mia
Qu'es al près de ieu.

 

 

LA GARONNE

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Quand elle sortit de sa source,
Diriger autrement sa course,
Et vers le Midi s'épancher,
Qui donc eût pu l'en empêcher ?
Tranchant vallon, plaine et montagne,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle allait arroser l'Espagne.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Pousser au Nord sa marche errante,
Elle aurait coupé la Charente,
Coupé la Loire aux bords fleuris,
Coupé la Seine dans Paris,
Et moitié verte, moitié blanche,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle se jetait dans la Manche.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu boire la Saône,
Boire le Rhin après le Rhône,
De là, se dirigeant vers l'Est,
Absorber le Danube à Pesth,
Et puis, ivre à force de boire,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait grossi la mer Noire.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu dans sa furie,
Pénétrer jusqu'en Sibérie,
Passer l'Oural et le Volga,
Traverser tout le Kamtchatka,
Et, d'Atlas déchargeant l'épaule,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait dégelé le pôle.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Humilier les autres fleuves.
Seulement, pour faire ses preuves,
Elle arrondit son petit lot :
Ayant pris le Tarn et le Lot,
Elle confisqua la Dordogne.
La Garonne n'a pas voulu,
Lanterlu !
Quitter le pays de Gascogne.

Gustave Naudaud
(En mémoire de mon père)

 

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