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La plus grande bataille que lHomme ait à livrer tout au long de sa vie est le conflit intérieur. Celui qui lui fait se poser les questions fondamentales de la Vie par rapport à sa propre existence et à son vécu quotidien. De cette réflexion, ou de cette non-réflexion, lHomme, ayant répondu aux questions, trouvera la paix ou s'en gardera-t-il avec des certitudes apaisantes ou bien le conflit intérieur continuera jusquà sa mort et il adoptera une indifférence apparente pour rassurer son moi intérieur. Le texte ci-après a été écrit par lun des plus grands penseurs de notre littérature. Bien que rédigé en un vieux français, il nen touche pas moins notre compréhension et notre sensibilité. Blaise PASCAL caricature et sattaque aux personnes qui ne se posent pas de questions sur leur existence. Aussi, celui ou celle qui est dans cet état desprit, ne trouvera là rien de bien intéressant et pensera que PASCAL nétait quun doux rêveur. Ce qui peut sembler bien présomptueux de porter un tel jugement sur un génie de la pensée française. Par contre, si on a, un tant soit peu, commencé à se poser le plus petit bout de question, ce texte appellera à la méditation. « Je ne sais qui m'a mis au monde ni ce que c'est que le monde ni que moi-même : je suis dans une ignorance terrible de toutes choses ; je ne sais ce que c'est mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie même de moi qui pense ce que je dis, qui fait la réflexion sur tout et sur elle-même, et ne se connaît non plus que le reste. Je vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m'enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu'un instant sans retour. Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir, mais ce que j'ignore le plus est cette mort que je ne saurais éviter.
Comme je ne sais d'où je viens, aussi je
ne sais où je vais ; et je sais seulement qu'en sortant de ce monde, je tombe pour jamais
ou dans le néant, ou dans les mains d'un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces
deux conditions je dois être éternellement en partage. Voilà mon état plein de
faiblesse et d'incertitude. Et de tout cela je conclus que je dois passer tous les jours
de ma vie sans songer à chercher ce qui doit m'arriver. Peut-être que je pourrais
trouver quelque éclaircissement dans mes doutes ; mais je n'en veux pas prendre la peine
ni faire un pas pour le chercher, et après, en traitant avec mépris ceux qui se
travailleront de ce soin - quelque certitude qu'ils en eussent, c'est un sujet de
désespoir plutôt que de vanité- je veux aller, sans prévoyance et sans crainte, tenter
un si grand événement, et me laisser mollement conduire à la mort, dans l'incertitude
de l'éternité de ma condition future ».
BLAISE PASCAL (1623-1662)
Une chose tout à fait intéressante est à remarquer. Après la lecture de ce texte on pourra alors mesurer quel est son degré davancement sur le chemin de la connaissance de soi, de l'univers dans lequel on vit.
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